Les ECHOS VERTS de Natasha

12 juin 2017

Sur notre petit chemin, nous avons aperçu au loin Natasha depuis son fameux site responsable et engagé « Echos verts » ! C’est une super fourmi aux longues pattes qui réalise des grands pas au quotidien depuis déjà quelques années, alors on a envie de la rencontrer et de vous la présenter, elle a l’air d’avoir plein de choses à nous apprendre pour enrichir notre château fort !

 

J’ai essayé de deviner ce qu’elle a à nous raconter !

• Il paraît que tu as eu une adolescence particulière, que s’est-il passé ??

– Tu as développé une allergie inédite ?
– Tu as quitté la Terre pour vivre sur la mer ?
– Tu n’as jamais fait l’école dans une salle de classe ?
– Tu t’es perdue lors d’un voyage scolaire et tu t’es faite recueillir par des ours ?

Oui, quelque part on peut dire que j’ai développé une allergie… une allergie à la sédentarité et au moule dans lequel la société essaye de nous faire rentrer dès notre plus jeune âge ! Il ne s’agit néanmoins et malheureusement pas d’une allergie inédite car je crois que nous sommes nombreux et nombreuses à vouloir explorer d’autres horizons – aussi bien avec notre esprit que notre corps- et à vouloir sortir de ce moule très limitant et inconfortable à mes yeux.

Alors quand l’opportunité de quitter la terre ferme pour vivre sur la mer s’est présentée à moi à l’âge de 14 ans, j’ai préparé un beau dossier de candidature pour embarquer à bord de Fleur de Lampaul, un magnifique voilier de 2 mâts en bois classé monument historique et reconverti en « bateau école ». Trois étapes de sélection plus tard, je n’y croyais pas quand j’ai appris que je faisais partie de l’équipage des 10 jeunes qui vogueraient de l’Atlantique au Pacifique en passant par les Caraïbes pendant plusieurs mois ! Accompagnés de 5 adultes, nous avons abordé une quinzaine d’îles où nous avons eu le privilège de partager le quotidien de différents peuples autochtones.

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Pendant ce temps, nous n’avions donc pas de cours à proprement parler- nous grandissions, nous nous cultivions et nous nous enrichissions au quotidien grâce à nos rencontres et à nos expériences aussi bien sur l’eau, sous l’eau que sur la terre ferme ! Pour faire profiter un maximum de jeunes de nos découvertes, nous avons partagé notre aventure à travers des films (diffusés alors sur La Cinquième), des livres (publiés chez Gallimard Jeunesse) et un site internet. Durant plus d’un an, j’ai donc découvert les joies de vivre et d’apprendre en dehors d’une salle de classe…

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• Après une telle expérience, comment t’es-tu sentie ?

– Besoin de te poser, de retrouver des repères et une stabilité ?
– Envie de te surpasser, pourquoi ne pas aller sur la lune ??
– Envie de passer ton permis bateau ?
– T’installer dans un des pays visités ?

J’étais heureuse de retrouver ma famille, mes amies, la cuisine de ma maman, l’air des montagnes grenobloises, le confort de la chambre que je partageais alors avec mon frère (bien plus grande que la cabine que nous partagions à 5 sur Fleur de Lampaul !)… Me poser un peu et retrouver certains repères m’a fait du bien, c’est sûr. Toutefois, après avoir connu le bonheur d’apprendre via tous mes sens et via de vraies expériences, le retour dans un contexte scolaire français classique, obligeant les jeunes à passer des heures et des heures assis entre 4 murs chaque jour m’a été très difficile.

Je voyais un intérêt très limité à la plupart des choses que l’on nous apprenait en classe, les méthodes d’apprentissage me semblaient inefficaces, j’avais l’impression de perdre mon temps, de passer à côté de choses tellement plus enrichissantes et importantes ! Je serais volontiers aller passer mon permis bateau à la place, c’est certain… L’océan me manquait autant que le mode de vie que j’avais à bord de la Fleur.

Mais cette frustration n’a pas duré très longtemps. Quelques mois après mon retour, j’ai entendu parler d’un organisme éducatif international qui a pour mission de donner aux jeunes les clés d’un monde en paix et d’un avenir durable. J’ai donc à nouveau préparé un beau dossier, passé des entretiens… et j’ai obtenu une bourse pour faire ma première et ma terminale dans l’établissement canadien de cet organisme, sur l’Ile de Vancouver ! Moins d’un an après la fin de mon voyage à bord de la Fleur, je repartais donc à nouveau pour de nouvelles aventures proches de l’océan- pendant 2 ans, j’allais vivre sur la côte ouest canadienne avec 200 jeunes de 80 nations différentes partageant mon intérêt et mes préoccupations pour le monde et ses cultures !

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Tu as créé ton blog « Échos verts », de quoi parles-tu à travers tes articles ?

– de tes aventures quand tu as été recueillie par une famille d’ours ?
– de tes habitudes peu communes ?
– de tes actes militants ?
– d’un mode d’emploi éco-responsable ?

Sur Echos verts, je partage mes astuces, mes réflexions et mes découvertes pour un mode de vie plus sain, plus éthique et plus écologique. J’aborde tous les aspects du quotidien- de l’alimentation à la garde-robe en passant par les nouvelles technologies, les cosmétiques ou encore les voyages. J’y parle à la fois de mes habitudes peu communes- comme le fait de vivre mes règles sans protection– et de mes actes militants- comme celui de ne plus acheter de produits fabriqués dans des conditions déplorables et je partage également mes idées sous forme de petits guides pratiques- comme mon mode d’emploi pour planifier des menus variés et équilibrés ou encore celui pour faire des achats vestimentaires responsables.

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Qu’est ce qui t’as poussé à créer « Échos verts » ?

– Besoin de partager à la terre entière tout ce qui te tient à coeur ?
– Faire ta part de colibri (ou pas de fourmis ! ^^) ?
– Besoin d’expliquer à tes parents ta démarche qu’ils ont du mal à comprendre ?
– Un ours qui t’as soufflé l’idée ?

Lorsque j’ai créé Échos verts, j’étais de retour sur l’Ile de Vancouver où j’enseignais dans le lycée où j’avais moi-même été élève une dizaine d’années auparavant. Même si l’écologie était au cœur de la mission de notre établissement, nos élèves – informés et soucieux de l’état de la planète – avaient quand même du mal à faire le lien entre leurs choix et leurs actions et les problèmes sociaux et environnementaux qui les préoccupaient. Nous vivions pourtant dans une région du monde où les initiatives écologiques et solidaires étaient nombreuses et où les citoyens qui nous entouraient avaient depuis longtemps adopté des habitudes et gestes à l’impact limité sur l’environnement. J’ai donc décidé de créer Échos verts pour mettre en avant toutes ces initiatives et ces idées qui montrent que chacun.e d’entre nous peut agir à son échelle et faire sa part de colibri (ou des pas de fourmis… ou d’ours !).

Quelle idée, quel est le message le plus fort as-tu envie de transmettre à travers ton blog ?

J’ai à cœur de montrer qu’il est possible de vivre en harmonie avec notre environnement naturel, social et culturel sans renoncer au confort, sans se priver ni faire de compromis. Bien au contraire, je trouve que plus je tends vers un mode de vie en adéquation avec mes valeurs, plus je gagne en bien-être et en douceur de vivre et plus mon quotidien se remplit de petits et de grands bonheurs…

Quand tu constates l’état de la planète, tu es optimiste ou pessimiste pour l’avenir ?

J’avoue que j’ai très peur pour l’avenir des enfants qui naissent aujourd’hui et pour les générations à venir. Quand je pense à l’ampleur des dégâts et que j’observe l’insouciance, l’indifférence et la mauvaise volonté de la grande majorité des personnes qui m’entourent, j’ai du mal à croire que l’état de la planète puisse s’améliorer suffisamment et suffisamment vite pour garantir une vie saine et sereine aux milliards d’êtres humains qui peupleront la terre dans les décennies et les siècles à venir. En même temps, je suis convaincue que si chacun.e d’entre nous changeait sa manière de vivre et de consommer dès à présent il nous serait possible d’envisager un avenir durable…

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Qu’est ce qui te donne de l’espoir en tout cas ?

De plus en plus de personnes rejoignent la communauté d’Echos verts chaque jour… cela prouve que nous sommes des milliers à partager les mêmes préoccupations et le même désir de remettre en question nos habitudes afin de vivre en harmonie avec l’humanité et notre environnement. Les lecteurs et lectrices avec qui j’échange via le blog sont une véritable source d’espoir pour moi car ils et elles sont la preuve que nous sommes de plus en plus nombreux et nombreuses à agir à notre niveau pour construire ensemble, avec bienveillance et compassion, un monde moins consumériste, moins matérialiste et moins égoïste.

Mais au fait, qu’est ce que tu fais dans la vie ? Comment considères-tu ton métier par rapport à tes convictions ? Est ce que tu arrives à les appliquer même au boulot ?

Je suis actuellement professeure d’anthropologie sociale et culturelle dans un lycée international faisant partie du même organisme que celui où j’étais élève puis prof, mais cette fois-ci je suis en Allemagne. L’enseignement de cette matière me permet de soulever en classe de nombreuses questions directement liées à celles que j’aborde sur le blog puisque les rapports humains sont au cœur de nos discussions- non seulement leurs rapports entre eux, mais aussi leur rapport à leur contexte environnemental, social et culturel. Par exemple, en début d’année scolaire, pour introduire les notions d’idéologie et de croyances, j’ai choisi de montrer le documentaire Food Choices à mes élèves de Première. C’est un excellent moyen de les faire réfléchir aux fondements de leurs convictions et de leurs idéaux tout en les faisant réfléchir à l’impact de leurs choix alimentaires.

En outre, j’ai la chance de travailler dans un contexte où l’écologie est au cœur de notre mission. J’en profite donc pour proposer différents ateliers pour partager avec mes élèves et mes collègues des informations utiles et des astuces pratiques pour leur donner envie de consommer de manière plus responsable. Par exemple, ce mois-ci j’ai organisé un atelier « salle de bains zéro déchet » et une session d’information intitulée « Pourquoi et comment bannir les protections hygiéniques jetables ? ». J’apprécie beaucoup de travailler dans un contexte où je peux parler ouvertement du fait que je ne mets pas de déo ou de protections hygiéniques avec mes élèves et mes collègues !

N’allez toutefois pas croire que c’est le lycée idéal et 100% écolo… loin de là ! Mais au moins, je travaille dans un contexte où les gens sont ouverts d’esprit et où j’ai la possibilité de partager mes lubies, mes craintes et mes espoirs, d’ouvrir le dialogue autour de sujets qui me tiennent vraiment à cœur.

Pour finir encore sur du positif, qu’est ce qui te rend heureuse dans ta vie à toi ?

Depuis que j’ai amorcé certains changements pour vivre en phase avec moi-même, avec les autres et avec mon environnement, j’ai le sentiment d’être maîtresse de ma vie, je gagne un peu plus confiance en moi chaque jour, j’ai le sentiment que tout est possible… Et ce sentiment de liberté me remplit de joie ! C’est vraiment galvanisant de sentir que même si nous sommes sous l’emprise de certaines structures sociales et culturelles, nous avons le pouvoir de nous en affranchir. Bien évidemment, cela demande du temps, de la patience, de l’énergie et une certaine force intérieure… Mais d’après mon expérience, plus on se simplifie la vie, plus on en trouve !

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