ÉMILIE, FOURMI NATUROPATHE NUTRITHÉRAPEUTE

29 septembre 2016

La vie et les expériences d’Émilie l’ont conduite il y a 3 ans jusqu’à la Faculté Libre de Médecine Naturelle à Paris et exerce à présent à Bordeaux en tant que naturopathe  spécialisée en nutrition, nutrithérapie.
Passionnée par les domaines de la santé et de la nutrition qui sont en perpétuelle évolution, elle ne s’arrête jamais de se former, de s’informer, de consulter, de cuisiner pour elle, pour son blog « C’est si bon », en ateliers et à présent au sein de la fourmilière !
Eh oui ! Nous avons à présent la chance de l’accueillir en tant que chef salé chez les fourmis, vous pourrez ainsi découvrir ici régulièrement ses recettes agrémentées de ses propositions, idées et astuces de praticien de santé.
En attendant, faisons connaissance avec Émilie et découvrons comment s’est-elle retrouvé sur notre chemin.

• La naturopathie c’est assez peu courant, peux-tu nous expliquer ton métier ?

Sur ces dernières années, c’est un métier, ou je dirais plutôt une vocation, dont on entend de plus en plus parler. Je rencontre chaque jour des personnes qui souhaitent se former dans ce domaine.
Lorsque je parle de domaine c’est bien parce que la naturopathie englobe différentes techniques. C’est pour cette raison que je précise toujours ma spécialité en nutrition nutrithérapie. Le terme de naturopathe pour moi signifie de prendre soin de sa santé en prenant en compte la globalité du corps et cela par le biais de différentes techniques naturelles pour préserver et optimiser la santé en rééquilibrant le fonctionnement du corps. Cela implique l’écoute de son propre corps. J’ai choisi l’alimentation car elle est un pilier essentiel : on est ce que l’on mange.

• Tu exerces ce métier depuis peu finalement, qu’est-ce qui t’a amené si récemment vers ce choix ?

Lorsque je me suis formée je l’ai fait avant tout pour moi et je ne pensais pas exercer pour tout avouer. J’ai créé mon entreprise très jeune, je travaillais dans la maroquinerie. Pendant plusieurs années j’ai cumulé fatigue, stress, surmenage… Jusqu’au jour où je ne pouvais plus, au bout du rouleau.
La médecine allopathique (médecine habituelle)  était prête à ce moment à me donner de grandes ordonnances pour endormir mon épuisement psychologique et physique. C’est comme cela que je me suis intéressée aux méthodes naturelles et j’en suis arrivée à la naturopathie. Je travaillais la semaine et le week-end j’allais en cours pour apprendre et découvrir ces nouvelles choses.

• Concernant la nutrition, on voit de plus en plus de différents régimes alimentaires; végétariens, vegan, sans gluten, sans laitages, crudivores… Quel est ton point de vue sur ces « groupes » alimentaires ?

La première chose que j’ai envie de répondre, c’est arrêtons de créer des cases, c’est symptomatique de la peur de l’inconnu et de notre société. Chacun devrait pouvoir choisir son alimentation sans être étiqueté. On peut très bien ne pas manger de viande et puis un jour instinctivement en ressentir le besoin ce n’est pas pour cela que l’on est un jour végétarien, le lendemain flexitarien. C’est simplement être humain et à l’écoute de son corps.
Trop de personnes adoptent un régime alimentaire qui sans le savoir, leur est anti-physiologique c’est à dire à l’opposé de leurs besoins. Il y a autant d’individus sur terre que de régimes alimentaires différents.
Après viennent se rajouter les convictions personnelles sur la santé, l’environnement, le dégoût face aux scandales sanitaires, la cause animale ce que chacun doit respecter dans les deux sens.

• Tu ne penses pas que ces préoccupations sont avant tout un effet de mode ?

Je dirai que c’est une tendance mais en rien un effet de mode. Une fois que l’on a changé notre mode de vie, pris le temps de modifier son alimentation, ses habitudes, appris à écouter notre corps, il me semble difficile de revenir en arrière.
Ce qui donne l’impression d’un effet de mode c’est le marketing des marques qui sortent les mêmes produits mais avec des slogans sans gluten, sans sucres, moins gras. Mais le problème c’est que ce sont toujours des produits industriels.

• Toi qui est donc très informée, quel est ton régime alimentaire et pour quelles raisons ?

Je ne suis pas de régime alimentaire particulier ce qui étonne beaucoup de personnes. Tout d’abord parce que je n’aime pas la classification vegan, végétarien, flexitarien, ce sont des termes qualificatifs qui rassurent. Mais nous sommes des individus complexes en perpétuelle évolution.
En revanche j’ai une alimentation qui change en fonction de mes activités que j’ai dans la journée, de la saison…
J’ai une alimentation qui tend à manger peu de viande, du poisson, surtout les petits bleus riches en bons Oméga 3, je ne mange plus d’œuf depuis que j’ai découvert mon intolérance il y a deux ans, les légumes sont  pour moi le centre de mon assiette et non un accompagnement.
Je compose mes repas en fonction des uns des autres et je respecte la chronobiologie de mon corps c’est-à-dire qu’il y a des moments dans la journée où nous avons certaines capacités digestives et d’autres non.

• Au niveau de la santé il n’y aurait donc pas de régime + adapté qu’un autre ? Comment savoir quel régime est le mieux adapté à soi ?

Il n’y a pas de régime universel qui corresponde à tout le monde. Il est impossible de raisonner de cette façon. Je dirai même que dans la même vie, il peut évoluer.
La base est de savoir s’écouter et de comprendre la physiologie du corps et certainement pas de suivre les courants.
En tout cas ce n’est certainement pas l’alimentation industrielle.
Je peux comprendre que ce soit rassurant de penser qu’il n’y a qu’un régime plus adapté et pourtant nous sommes une personne aujourd’hui, différente de celle d’hier et de celle de demain.

C’est un peu compliqué de changer sa façon de manger, quels sont tes conseils pour y arriver le mieux possible et comment y es tu arrivée toi ? Il y a aussi le poids social qui est compliqué, le regard des autres qui ne comprennent pas, la mamie et ses repas traditionnels…

C’est vrai que le poids social est souvent difficile au début mais le plus important c’est la bienveillance envers soi-même et envers les autres. Je n’impose à personne mon rythme de vie et alimentaire et j’attends de mes amis et ma famille qu’il le respecte. On ne peut pas obliger les autres à suivre notre chemin, mais rien ne nous empêche d’échanger et débattre.  J’aime beaucoup cette phrase de Gandhi « sois le changement que tu veux voir dans le monde » elle est juste car cela ne signifie pas  impose le changement.

• Et les carences !! Beaucoup de gens se posent cette question quand on remet en question l’alimentation classique. Que penses-tu de cette problématique ?

Les carences ? C’est étrange de s’en inquiéter avec une alimentation naturelle et vivante et de ne pas s’en inquiéter quand on ne mange une alimentation classique industrielle !
C’est l’alimentation industrielle qui conduit à des carences car les aliments sont sur chauffés, stérilisés, pasteurisés. Par exemple, les huiles sont chauffées et traitées chimiquement ce qui crée des carences de bons acides gras pourtant indispensables pour les membranes de nos cellules. Les plats cuisinés sont gonflés de sel et s’il y a des légumes, il sont tellement cuits qu’il n’y a plus de traces des vitamines.
C’est un questionnement qui me semble bien plus important car c’est la majorité des personnes qui se « nourrissent » avec cette alimentation industrielle. La seule chose qu’elle apporte c’est du sucre très néfaste pour la santé, le cerveau, l’intestin (notre deuxième cerveau).
Ensuite en fonction des régimes végétarien, vegan… Les carences proviennent car le régime en question n’est pas équilibré ou non physiologique pour la personne.  Il est important de noter que les deux premières années qui suivent un changement d’alimentation, il y a des améliorations remarquables qui sont liées à la capacité de détoxification de l’organisme, ce qu’il faut observer c’est ensuite dans la durée. En tout cas, je conseille de se faire accompagner par un praticien de santé dans un premier temps et d’être à l’écoute de son corps.

• Selon toi, quelles sont les choses primordiales à éviter pour pouvoir être en bonne santé ?

L’alimentation industrielle c’est à dire tous les produits transformés qui n’ont qu’un seul objectif ; être conservés pour les 10 prochaines années.
Les grignotages et le fait de trop manger qui demandent de l’énergie au corps et l’empêche de se reposer et se détoxifier pendant les moment des repos.
Ne pas mâcher, la digestion commence dans la bouche et elle est le prémisse d’une bonne absorption et assimilation de ce que l’on mange. C’est aussi un indicateur de la qualité de ce que l’on mange. Essayer de mâcher plus de 30 fois une bouché d’un mac do, vous verrez ce n’est pas très appétissant.

• Sinon concernant ton activité, tu ne te contentes pas que des consultations, en fait tu n’es pas qu’une fourmi mais aussi une puce qui a la bougeotte, parle nous de l’ensemble de tes actions dans ton domaine !

Effectivement les consultations représentent une petite partie de mon activité. Je préfère suivre peu de personnes mais avec attention.
Dès le début, je me suis interrogée sur comment proposer de manière individualisée mes conseils et mon expérience. La consultation répond à une demande de personnalisation mais quelques fois la mise en place des changements est trop importante et décourageante alors j’ai créé les RDV shopping et coaching. Ce sont des sessions axées sur le côté pratique car pour changer d’alimentation il faut changer sa façon de faire les courses et l’organisation de sa cuisine pour adopter de nouveaux réflexes. Avec ces deux propositions d’accompagnement, la personne devient autonome.
Puis, après avoir lu beaucoup d’articles sur la santé, le bien-être, l’alimentation dans des livres, des magazines ou vu à la télé, je me suis dit qu’il était difficile de tout comprendre alors j’ai eu envie de créer les RDV nutrition, des sessions d’1h pour 10 personnes durant lesquelles nous échangeons sur un sujet. J’y propose une approche physiologique et des idées recette pour mettre en pratique. Les thèmes sont variés : les petits déjeuners, les sources de protéines ou encore les bons acides gras. Cela se fait dans un cadre convivial et bienveillant.
Et bien sûr les ateliers de cuisine sont là pour mettre en pratique dans l’assiette. Cela permet de découvrir les produits et d’apprendre à les cuisiner. Je propose un peu de théorie en fonction des thèmes, des astuces, de la pratique sans oublier le dégustation. Les thèmes sont variés, des assiettes végétales express à des thèmes plus spécifique comme l’initiation au tofu ou aux algues.
Ces ateliers s’adressent également à des professionnels de la restauration afin de pouvoir retrouver à la carte des restaurants des assiettes gourmandes et équilibrées.
J’aime aussi passer du temps à créer des recettes pour mon blog mais aussi pour des marques ou des magazines et maintenant pour La révolution des fourmis !

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