L’ÉVOLUTION DU BLÉ

16 mai 2016

Dans notre pays où la baguette est l’emblème fièrement revendiqué, pas facile de remettre en question une telle institution !
pain

Pourtant c’est ce que nous avons fait tant bien que mal avec Mimi, au départ pour la raison de sa santé, puis la mienne à ma grande surprise. En cherchant à comprendre ces effets, voilà les découvertes qui ont motivé à faire changer nos habitudes :

Bon déjà, c’est quoi au juste ce gluten !? Parce qu’en fait à la base, on sait pas trop ce que c’est ! En tout cas avant de savoir, moi je me l’imaginais comme ça :

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Le « gluten » avec ou sans bottes (dérivé du latin signifiant « glue », « colle ») est un assemblage de protéines qui permettent à la pâte son élasticité et son pouvoir de gonfler (idéal notamment pour le pizzaïolo, le pain à burger, la brioche, les pépito, etc… !)

Après la guerre, suite à l’industrialisation, dans le but d’être plus productif et rentable, on est passé à la machine qui elle, en malaxant la pâte mécaniquement, ne cessait de le déchirer !

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Quelle solution fantastique ! Rendons la pâte plus élastique !! Les chercheurs ont donc sélectionné au fil des années les plans céréaliers les plus riches en gluten pour que le blé permette « naturellement » de plus en plus d’élasticité… Mais surtout, pour être sûr et certain que notre pâte va pouvoir s’étirer et gonfler sans se déchirer, on extrait dorénavant carrément cet assemblage de protéines pour le transformer en poudre à rajouter lors du malaxage !

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Yahouuu vive le progrès ! Grâce à Patrick et au gluten on a pu créer la baguette à la mie irréprochable, le pain brioché bien moelleux, le pain à burger tout bombé, la pâte à pizza XXL… !
Sauf que… Ce petit malin de Patrick n’a pas pensé au métabolisme humain qui a déjà du mal à digérer cette protéine et qui surtout, n’évolue pas aussi vite que les blés que l’homme a transformé au fil des années.

Une bonne partie des articles et comptes rendus qu’on peut trouver sur le gluten conclus qu’il n’y a pas de quoi s’affoler ! Avant de vous faire votre propre avis, demandez-vous si les arguments proviennent des industriels du milieu agro-alimentaire et phytosanitaire qui ont besoin de vendre leurs grains ou leurs OGM, ou d’études scientifiques issues de la recherche sur la nutrition et la santé.

Pour ma part je me suis rangée du côté de la santé, et mes différentes recherches m’ont permis de comprendre que chez Patrick et une bonne partie de son entourage, le gluten si difficile à digérer s’accumule dans son système digestif jusqu’à former une sorte de colle mêlée à du mucus crée par le corps, tapissant ses intestins qui peuvent aller jusqu’à provoquer la destruction de ses villosités intestinales (= des petits « poils » recouvrant l’intérieur des intestins qui en disparaissant, créent des inflammations douloureuses provoquant chez Patou ses maux de ventre quotidien qu’il ne relie pas du tout à sa passion pour les pépitos !)

Cela permet ainsi à des protéines de blé non digérées de s’échapper du système digestif pour aller se balader dans le corps, là où il n’a rien à faire, ce qui peut entrainer des troubles plus ou moins conséquents, qu’on appelle maladies coeliaques ; maux de ventres, constipation ou diarrhées, ballonnements, affaiblissement du système nerveux, fatigue chronique, irritabilité, anémie…
Mais aussi des carences car certains nutriments d’autres aliments, au lieu d’être assimilés par le corps pour être utilisés comme carburant pour tel ou tel organe, profitent aussi de ces portes de sortie sans poil d’intestin… (Ce qui pourrait d’ailleurs expliquer -entre autre- la hausse de consommation de compléments alimentaires depuis quelques années)
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Le test de remplacer le blé au moins une dizaine de jours est intéressant à faire pour connaître à quel point on peut être sensible au gluten, même si on n’est pas diagnostiqué allergique ou intolérant… Dans mon cas, au au vue de l’amélioration sur ma santé, je me considère sensible au gluten et je suis sûre que beaucoup le sont, comme je l’ai été, sans le savoir !

Mais il n’y a pas que la santé qui a motivé notre arrêt du blé !

Comme le blé est partout dans notre alimentation ; pain, pâtes, gâteaux, céréales du matin… Il faut en produire beaucoup beaucoup beaucoup ! Et quantité ne rime pas vraiment avec qualité…

Pour obtenir de la farine de la manière la plus productive, les grains de blé sont enrobés d’un fongicide avant semis. Pendant sa culture, le blé reçoit 2 à 6 traitements de pesticides selon les années. Un traitement aux hormones pour raccourcir les tiges afin d’éviter qu’ils se cassent, et une dose importante d’engrais :  environ 240kg d’azote, environ 100kg de phosphore, environ 100kg de potassium à l’hectare (imaginez ce qu’on donne au sol !)
Après la récolte, les grains de blé sont fumigés au tétrachlorure de carbone et au bisulfide de carbone, puis arrosés au chlopryriphosméthyl. Pour la mouture, la farine reçoit du chlorure de nitrosyl, puis de l’acide ascorbique, de la farine de fève, du gluten et de l’amylase.
Afin de faire lever la pâte, la poudre levante est traitée au silicate de calcium et l’amidon est blanchi…. (imaginez ce qu’on donne au corps !) Hop, on a de la farine consommable rapidement, on peut envoyer de la nouille !

Bon maintenant qu’on sait comment ça se passe, pas besoin de déprimer à l’idée d’un deuil éventuel de son paquet de brioche, découvrez plutôt toutes les solutions possibles pour éviter le blé et sans se frustrer ! Si ça vous intéresse, rendez vous au prochain épisode !

Sources : (pour vérifier que je ne fais pas de propagande gratuite anti-brioche !)
(vous pouvez cliquer sur les liens)
– Le Charme Discret de l’intestin de Guilia Enders
– Thierry Souccar – 10 articles sur le gluten
– Le Savoir Convalescent de Vincent Cazaubon et Ségolène Quenin
– Solutions Locales Pour Un Désordre Global de Coline Serreau (explications la culture du blé de Claude & Lydia Bourguignon)
– Thiery Casasnovas – Gluten, des intestins au cerveau

PS : Si vous avez des connaissances ou des contestations sur le sujet, je vous invite avec plaisir à laisser un commentaire afin d’enrichir mes connaissances et celles des lecteurs.
Mon intention n’étant pas de montrer que je sais plus ou mieux qu’un autre mais de partager mes recherches et mon petit savoir, je vous invite à faire de même ou de vous abstenir si votre intention est de contredire gratuitement une connaissance différente de la votre. Merci ! 🙂

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6 commentaires sur “L’ÉVOLUTION DU BLÉ”

  1. Baptiste dit :

    Et si on n’est pas prêt à abandonner le blé sous toutes ses formes, on peut toujours se renseigner pour trouver un boulanger qui fait du pain avec des farines anciennes, beaucoup moins riches en gluten!
    Parce qu’à force de s’interdire de manger de la viande, des laitages, des produits à base de gluten, des oeufs, du miel… on ne mange plus grand chose! Or comme le disait mon arrière-grand-mère : « si on mange de tout on est sûr de pas se tromper. »

    1. Lola Draloug dit :

      Héhé tu verras que comme Mimi et moi, on peut vivre très heureux et continuer à aimer manger tout en arrêtant le blé, la viande et les produits laitiers sans se sentir frustré ! 😉 On y viendra petit à petit, keep in touch !

  2. Zack dit :

    Je pense qu’avant de tomber dans tout l’un ou tout l’autre, il faut surtout manger avec parcimonie. On ne mange pas de la viande tous les jours, on ne mange pas des gateaux à chaque repas, etc. On arrete la surconsommation et vous verrez que déjà ça ira mieux (pour nous et pour la planète).

    Se priver totalement d’une chose ou d’une autre, c’est provoquer des déséquilibres dans son corps, qu’on ne ressent peut être pas à court terme mais qui viendront sans doute avec le temps.

    Après, consommez surtout bio 😉 C’est la règle de base.

    1. Lola Draloug dit :

      Arrêter soudainement n’est pas du tout à faire ça c’est clair !! Il faut laisser au corps le temps de s’adapter aux changements mais ensuite arrêter complétement un aliment avec le temps n’a pas d’effet nuisible pour le corps tant qu’on lui apporte d’une autre façon les nutriments manquants !

  3. Zack dit :

    Je t’invite à lire ce petit témoignage, qui est intéressant :

    http://reporterre.net/Voici-pourquoi-je-re-mange-de-la-viande

    1. Lola Draloug dit :

      Oui je l’ai vu 🙂 C’est intéressant, je suis pas d’accord avec tout tout mais ça répond bien à la question environnementale en effet, et c’est sûr qu’un des problèmes majeurs c’est la surconsommation et la surproduction intensive et industrielle…
      Je vais bientôt publier mon article sur la viande où j’essaie d’avoir une vision plus globale en abordant un point de vue environnemental mais aussi éthique et physiologique !
      Vite vite !

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