Ma petite enquête

13 février 2017

(Avant propos : Avant de cliquer sur les liens que je vous propose, faites clic droit -> ouvrir dans un nouvel onglet. Ce sera plus pratique 😉 )

perturbateurs-endocriniens

Ce petit article est un petit peu particulier car il n’était pas prévu, il n’y aura exceptionnellement pas d’illustration, je vais simplement vous faire part d’un petit bout de l’aventure que j’ai mené en faisant mes recherches pour mon article « Salle de bain » que je suis en train d’illustrer, où je m’interroge sur ma consommation de produits d’hygiènes ! (Qu’est ce que je mets sur ma peau, d’où viennent ces produits, quels sont tous les effets, où vont tous ces flacons une fois utilisés, et quelles solutions pour améliorer ce constat…?)

Vous vous doutez si vous connaissez un peu le sujet, que je compte entre autre parler des fameux perturbateurs endocriniens !
Pour ne pas raconter n’importe quoi, je me mets comme à mon habitude à rechercher tous les articles sur le sujet mis de côté depuis des mois pour ressortir mon petit résumé illustré au moment venu.

Je lis encore plus attentivement cette fois-ci mes sources qui, je le remarque se réfèrent tous à cette fameuse étude du Noteo Institut, comme le cite ici en 2013 Le Monde Planète dans son article Les perturbateurs endocriniens présents dans deux produits de beauté sur cinq.

« Près de 40 % des produits d’hygiène-beauté contiennent au moins un perturbateur endocrinien (PE), substance chimique interférant avec la régulation hormonale, selon une étude rendue publique, réalisée sur une base de quinze mille produits de beauté-hygiène par Noteo Institut… »

Dont les mêmes comptes rendus sont relayés en masse dans d’autres médias comme : ELLE (dont l’article est très riche) , 20minutes, Les echos, Générations Cobayes, ou encore RTL et autres…

Tous ces articles citant Noteo comme étant un institut indépendant de notation fondée en 2008 qui cherche à éclairer les choix des consommateurs selon des critères de santé, environnement, social et de budget, je décide d’aller quand même plus en profondeur sur leur site pour me renseigner sur leur démarche, qui en sont les auteurs, etc…
Chouette je clique sur un des liens proposés par un de ces articles censé renvoyer vers le site :
Noteo Institut

Euh….. Qu’est ce que c’est que ça ??

Le site www.noteo.info est devenu www.condor-club.eu… Noteo n’existe plus et il est impossible de trouver une référence au site sur mon moteur de recherche !

En revanche… Je tombe sur cet article de Alerte Environnement : « Noteo : institut indépendant ou écolobusiness ? »

L’article remet carrément en question cette fameuse étude, pilier des récentes découvertes sur la toxicité de nos produits de beauté et d’hygiène… Les auteurs de cette étude ne seraient pas des experts mais une poignée d’écologistes activistes aux motivations intéressées :
« Difficile de croire à la neutralité des critères de notation, qui est forcément biaisée par le militantisme de ces « experts ». »

Le site Noteo n’existe plus, on évoque des doutes sur la véracité de cette étude… Je doute alors de tout ce que j’ai lu depuis des mois ! Confrontée à cet obstacle mon monde s’écroule. J’ai envie de pleurer et de tout abandonner !! Comment sortir la tête de l’eau dans cette tempête d’informations contradictoires, opposées, qui se démontent entres elles…?? C’est trop difficile de se rapprocher de la vérité, j’abandonne, je ferme mon site des Fourmis…
Je baisse les bras, j’arrête mes recherches pour toujours… J’arrête de me poser des questions, c’est trop douloureux, c’est trop laborieux !!

Passant de l’enthousiasme d’illustrer mon article au découragement total après mes découvertes, les larmes aux yeux je dessine spontanément mon dernier article « Les états de fourmis »… Mais qui me redonne vite le sourire et de l’espoir grâce à ce flot de gentils petits mots ! Un peu d’amour et c’est reparti !! Je remonte sur mon cheval d’arçon, et telle la vignette n°1 de mon article, déterminée je repars décortiquer cet obstacle ! Une fourmi ne se laisse pas abattre !!

Voyons voir… Après plusieurs clics et différentes lectures  je comprends mieux…

Alerte environnement nous dresse la liste des vrais ou faux experts en question ! C’est parti, je clique sur chacun d’eux un par un. André CICOLELLA cité dans de nombreuses références d’après mon moteur de recherche, attire notamment mon attention :
(D’après Wikipédia)
André Cicolella est un chimiste, toxicologue et chercheur français en santé environnementale, spécialiste de l’évaluation des risques sanitaires.

Engagé en 1971 par l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS), il y travailla notamment sur les effets des éthers de glycol sur la santé. Au début des années 1990, il met ainsi au point un programme de recherche sur huit ans et organise, pour le 16 avril 1994, un symposium international. Mais une semaine avant la tenue de ce symposium, son contrat de travail est rompu pour « faute grave ».

En octobre 2000, après six années de procédure, la Cour de cassation le rétablit dans ses droits en reconnaissant le caractère abusif de son licenciement et reconnaît pour la première fois dans son arrêt la nécessité de « l’indépendance due aux chercheurs », l’employeur devant « exercer son pouvoir hiérarchique dans le respect des responsabilités » qui leur sont confiées. André Cicolella entreprend alors de faire connaître la situation du lanceur d’alerte en proposant de lui accorder une protection juridique.

Il est chercheur en évaluation des risques sanitaires à l’Institut national de l’environnement industriel et des risques (INERIS).

En 2009, il crée, avec notamment l’aide de l’association Générations futures et du WWF, l’association Réseau Environnement Santé (RES), dont il est président. Cette association est à l’origine de l’interdiction du bisphénol A dans les biberons et de l’interdiction du perchloroéthylène pour le nettoyage à sec.

(N’hésitez pas à lire la suite de sa bio sur Wikipédia, vous m’en direz des nouvelles !)

Bon, assez de pain sur la planche pour analyser les raisons de son licenciement abusif, mais on dirait bien que les résultats de cette étude dans les années 90 étaient suffisamment dérangeant pour que le chercheur devienne finalement lanceur d’alerte.
Pourtant par la suite son association Réseau Environnement et Santé est à l’origine de l’interdiction de 2 produits toxiques enfin éradiqués du quotidien (dont nous sommes du moins à présent officiellement informés des conséquences) Ce qui ne lui permet cependant pas d’être médiatisé plus que ça.

Bref, Alerte Environnement se retrouve un peu ridicule, tous les auteurs de l’étude Noteo qu’il critique sont en effet tous engagés et motivés par des questions de santé et d’environnement.
Qu’y a-t-il finalement d’anormal à être sensible et concerné par ces questions en cohérence avec cette initiative de faire évoluer la recherche sur ces problématiques avant tout humaines ?
Il me parait absurde de critiquer la neutralité d’une équipe sous prétexte que les membres se sentent concernés par le sujet de l’étude en question.
Ce serait comme reprocher à un pâtissier d’être passionné par la confection de gâteaux, ou qu’on critiquait le fait que je me sois lancée en tant qu’illustratrice, profitant de savoir dessiner pour « gagner de l’argent ».
L’expérience aurait été plus objective si elle avait été menée par des scientifiques financés par l’Oréal peut-être ?
De plus qu’Alerte Environnement le cite lui même, L’institut Noteo étant « une association à but non lucratif », quels intérêts financiers défendent-ils ?
La preuve qu’il existe bien des humains professionnels sincèrement concernés par le bien commun ?

Il est critiqué toujours sur le même site qui a clairement une dent contre l’écologie, que suite à cette étude, la société « Noteo Solutions » a vu le jour créée non pas par ce groupement d’experts mais par un certain entrepreneur Baptiste Marty, ayant comme projet de créer une application mobile (gratuite) :

Mais ce service étant indépendant de la recherche détaillée sur les perturbateurs endocriniens qui m’intéressait, je n’ai pas cherché à décortiquer les intentions de ce projet.
Et puis, pour moi la meilleure des solutions à appliquer étant de s’émanciper des supermarchés !

Mais nous en reparlerons cette fois-ci en dessins car je compte bien sortir mon article-BD qui synthétise touuuutes mes recherches… approfondies ! 🙂

Cependant les comptes rendus officiel de la fameuse recherche ont mystérieusement disparus… Mais ses traces sont toujours dispersées et diffusées sur différents médias tels que ELLE, Le Monde, Le Point etc… Et depuis 2013, cette recherche fantôme a été appuyée par de nouveaux comptes rendus publiés cette fois par de nouvelles sources comme : l’OMS, l’ANSES et même en 2014 par différents ministères comme le Ministère de l’Ecologie, du Développement durable + le Ministère des Affaires sociales et de la Santé (qui en gros reconnaît l’existence des PE mais qui peuvent faire l’objet de dérogations justifiées… Genre « blablabla oui on sait mais on va pas faire grand chose ») 

Pfiou ! C’est fini pour aujourd’hui, merci encore pour votre soutien !

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2 commentaires sur “Ma petite enquête”

  1. Kellya dit :

    Bravo pour ces recherches, le début de l’article m’a presque fait partir en pleurant aussi, heureusement que ca fini bien! Je ne comprends toujours pas comment ont peut accuser le « lobi écolo », alors qu’il n’y a quasiment pas de sous de ce coté là, alors qu’en face il n’y a que de grosses entreprises bourrées de pognon… Heureusement qu’il y a des gens comme toi ou ce monsieur qui se donnent du mal de facon désintéressée!

  2. Charlie dit :

    Bien joué Lola, en effet on ne sait plus qui croire tellement on nous ment à tours de bras, merci pour ce travail de détective! et bisous 😉

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